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       Château de Bagatelle

 

Bagatelle vue de cotéAu début du règne de Louis XIV l’état économique de la France est alarmant. Colbert développe le système des « Manufactures Royales », entreprises privées soumises au control d’état. Il attire des Pays-Bas ABRAHAM van ROBAIS avec le privilège unique d’exercer en France la religion protestante et l’exclusivité de marchés protégés, comme celui du drap militaire.
Abbeville à l’époque est un port de mer et son climat humide favorise la fabrication des textiles ; van Robais vient s’y installer en 1665 avec sa famille, son pasteur et ses ouvriers.
Il construit la Manufacture des Rames et connaît rapidement la fortune, apportant à la ville une prospérité et un rayonnement qu’elle n’avait plus connus depuis le Moyen-age.
         Pour recevoir ses clients, Josse van Robais, fils d’Abraham, décide vers 1750 de faire construire à la campagne un de ces petits pavillons perdu dans la verdure, une ‘folie’ –maison dans les feuilles- très à la mode sous la Régence.
     Petit, extrêmement raffiné, ce bâtiment n’est au début qu’une Bagatelle. Il n’abrite à l’origine que trois pièces et ne possède ni cuisine, ni chambre, ni cave. Les repas proviennent de la ville ou de la ferme voisine. Posé sur le sol, établi sous terrasse, la construction est légère et n’est pas destinée à durer. Pourtant, par une sorte de miracle qui ne doit rien au hasard, elle existe encore sous nos yeux.

Le Duc de Croy, Gouverneur Militaire de Picardie, évoque Bagatelle dans ses écrits ; Sedaine, poète alors célèbre, écrit sur la maison : « …dès sa construction Bagatelle frappe par sa perfection… ». Voltaire lui-meme écrit que « Monsieur van Robais y mène train de prince… ».

Vers 1760 on décide de construire un étage. On établit alors un grand escalier et on aménage deux appartements. Un toit à la Mansart vient protéger l’ensemble.

Mitraillé, son toit en partie incendié, écorné par une bombe, Bagatelle menacé d’effondrement s’appuyait en 1944 sur des troncs d’arbres.
Jacques de Wailly le sauvera et la réparera. En reconnaissance,  André Malrraux lui confère en 1963 l’un des tout premiers « Prix des Chefs d’ouvres en Péril »
Depuis 1998 les nouveaux propriétaires ont à leur tour effectué d’importantes restaurations. Bagatelle conserve intacte son charme magique qui le fait tant aimer de ceux qui le connaissent.

 

 

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